“The clergy abuse issue has always been a showdown between constitutional law and church law. Basic human rights versus clerical privilege. There is absolutely no reason and excuse when it comes to child rape and institutional cover up that church law and civil law cannot be brought into alignment. And until they are this crisis will not be over.”

La pédophilie aura été le révélateur de la désinvolture à tous les niveaux dans l'Eglise catholique. Entre désinvolture et discernement, à chacun de choisir ...

Deux traitements différents ont été réservés par l’Eglise catholique à la pédophilie des clercs, selon la version de son Droit Canon : Canon 2359 dans le Droit Canon version 1917 : intolérance absolue Canon 1395 dans le Droit Canon version 1983 : réprimande modérée et « justes peines »

Canon 1395 du code canonique:
"§ 1. Le clerc concubin, en dehors du cas dont il s’agit au can. 1394, et le clerc qui persiste avec scandale dans une autre faute extérieure contre le sixième commandement du Décalogue, seront punis de suspense, et si, après monition, ils persistent dans leur délit, d’autres peines pourront être graduellement ajoutées, y compris le renvoi de l’état clérical.
§ 2. Le clerc qui a commis d’une autre façon un délit contre le sixième commandement du Décalogue, si vraiment le délit a été commis par violence ou avec menaces ou publiquement, ou bien avec un mineur de moins de seize ans, sera puni de justes peines, y compris, si le cas l’exige, le renvoi de l’état clérical."

« les actes pédophiles seront punis de « justes peines » : donc une réprimande verbale ou une simple mutation sont adéquates, et le criminel resté en fonction pourra commettre d'autres crimes sur d'autres enfants innocents..., le renvoi n'est donc qu'une option (clémence sur la pédophilie des clercs = privilège!)

Avec une Loi du Silence de moins en moins respectée et – ipso facto – une hypocrisie de moins en moins répandue, ce « privilège clérical » allait vivre ses dernières heures (ou dizaines d'années à l’échelle de l’Eglise).
A défaut du silence intégral qui recouvrait jusque-là les cas d’abus sexuels avérés sur mineurs de la part du clergé, c'est en effet en 1983 que l’Eglise catholique allait décider de mettre à jour le canon 2359 de son Droit Canonique version 1917 (dans la version 1983, le nouveau canon étant celui 1395).

Or en l’absence de toute définition de la notion de « justes peines », le « privilège clérical » maintenu dans le Droit Canonique se trouve à la source non seulement d’injustice et d’inégalité flagrantes, mais également d’incompatibilité majeure avec la justice civile.

Alors que dans la version 1917 de son Droit Canon, il s’agissait d’une véritable intolérance, la « tolérance zéro » prônée actuellement par le Magistère ne représente guère plus que de la poudre aux yeux…

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(a) « le Vatican rappelle que « le cardinal [George Pell] a toujours protesté de son innocence » et qu’il a toujours le droit de se pourvoir devant la Haute Cour, la plus haute juridiction australienne. » (voir l’article dans La Croix du 21/8/2019)
(b) « le Saint-Siège rappelle que l’ancien préfet du Secrétariat pour l’économie pourra également être jugé par les juridictions ecclésiastiques. » (voir l’article dans La Croix du 21/8/2019)


Deux « rappels » donc, sans doute pour « rappeler » l’éternelle « épreuve de force » entre (a) la justice civile et (b) la justice canonique – dont parle Peter Isely à l’occasion du rejet, par la justice civile australienne, de la procédure d’appel de la condamnation du Cardinal George Pell pour abus sexuels sur mineurs (voir l’article du 22/8/2019 par Peter Isely, membre fondateur de Ending Clerical Abuse (ECA), ci-dessous):

The clergy abuse issue has always been a showdown between constitutional law and church law. Basic human rights versus clerical privilege. There is absolutely no reason and excuse when it comes to child rape and institutional cover up that church law and civil law cannot be brought into alignment. And until they are this crisis will not be over.(Peter Isely, 22/8/2019)

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Olivier Échappé : « La justice canonique est une vraie justice » : « Mais il existe aussi des « affaires mixtes » qui intéressent les deux [la justice civile et la justice canonique], et cela a pu, et peut encore, être source de conflits. …. C’est toujours le cas aujourd’hui des infractions sexuelles commises par des clercs , qu’État et Église incriminent tous deux. » (Anne-Bénédicte Hoffner, La Croix, 14/5/2019)

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Pédophilie : le Droit Canon est désormais inadapté, par Charles Condamines : « Cette loi du silence, l'administration ecclésiastique était jusqu'ici parvenue à la faire respecter. La nouveauté, c'est que des victimes de plus en plus nombreuses n'emportent plus leur secret dans leur tombe. … Un juge nord-américain s'est déjà heurté à l'immunité de l'Etat du Vatican : il s'agissait d'un séminariste colombien résidant au Texas et coupable de trois agressions sur mineurs en 2005. (Charles Condamines, Le Monde, 25/3/2010)

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